Les avis divergent sur cet objectif. C'est le théâtre des extrêmes et provocations. D'un côté, il y a ceux qui ne jurent que par lui, véritables passionnés en la matière de son "rendu unique" et ne voulant rien entendre de plus. De l'autre, ceux qui ne l'apprécient pas. Parfois étonnamment comparé à des objectifs forts lumineux eux aussi, mais aux longueurs focales largement plus courtes, voire grand angle (alors qu'une comparaison avec le 135 mm ƒ/2 serait plus judicieuse, d'autant que le 85 mm ƒ/1.2 « devient » un 135 mm monté sur APS-C) ; ou critiqué pour sa profondeur de champ à pleine ouverture “too much”, sous-entendu « bien trop courte, trop vite trop flou ». Tant qu'à y être, disons carrément que c'est pour la frime ! (Je l'ai entendu plus d'une fois.) Certains de ces arguments pourtant, me font considérer que peu ont réellement dû tester l'objet de leurs critiques. Dans le cas contraire, il me semble que l'extrême spécificité de cet objectif aurait dû engendrer quelques raisonnements et comparatifs plus nivelés. Car hormis le fait de légitimer l'irrépressible et unique besoin de frimer de ses clients, Canon avait peut-être d'autres (et réelles) ambitions au début du développement de cet objectif… Vous ne croyez pas ? Quoiqu'il en soit je pense qu'il serait bon que défenseurs comme opposants puissent identifier les véritables raisons de leur besoin et utilisation, avant de partager des avis qui, mis face à face, n'ont aucun sens. Les mêmes arguments (en dehors du prix) décidant l'un, feront se détourner l'autre…
ƒ/1.2, c'est quoi, ça sert à quoi ? (par rapport aux autres)
Vis-à-vis de ƒ/1.8, c'est un stop ; deux face à un ƒ/2.8, c'est énorme ! En clair, c'est une même photo qui passe de 1/25e à ƒ/2.8 à 1/100e à ƒ/1.2 pour une exposition identique. Sur un grand angle (24 mm) à ƒ/2.8 et 1/25e, on est en vitesse limite mais une marge demeure pour trembler étant donné le champ capté, aucun problème donc ; sur le 85 mm en revanche, à cette vitesse, c'est mort (pire sur un capteur APS-C dont l'équivalent est 135 mm !). À titre d'information, j'ai raté une quantité de photos non négligeable au Nepal par flou de bougé (vitesse dans les 1/125e à ƒ/1.2), la majeure partie de mes portraits étant réalisée le soir. Je n'ose donc imaginer ce que cela aurait donné avec minimum un stop de moins ! Je pense que comparer des focales si opposées est infondé ; de tels objectifs ont leurs propres spécificités et domaine d'application.
85 mm ƒ/1.2, pour quoi faire ?
La photo de portrait ou de scènes (rue, nourriture, même sportive, etc.) Plein cadre ou de plain-pied, c'est là qu'il excelle ! Comme je l'ai abordé précédemment, son ouverture supérieure lui apporte la lumière nécessaire qui aurait manqué en conditions difficiles, considérant sa longueur focale. Mais au delà de ça, la profondeur de champ à ƒ/1.2 est unique, permettant de créer des rendus esthétiques extraordinaires lorsque la mise au point ne dépasse pas vraiment les 5, 10 m. Je suis d'accord sur le fait que parfois, ça puisse sembler trop (on y est surtout peu habitué), mais cela dépend clairement de la distance au sujet ; il faut bien le garder à l'esprit ! Même si l'on connait dans les grandes lignes le comportement de la profondeur de champ en fonction de la distance de mise au point, c'est vraiment en utilisant ce 85 mm à ƒ/1.2 que l'on percute ; cela m'a énormément marqué. Dès que le sujet s'éloigne vraiment, l'objectif devient « standard » (bon, fallait oser le dire ça, car ce n'est quand même pas le cas ^^), la finesse de la profondeur de champ « disparaît » (disons qu'elle s'agrandit), mais l'objectif lui, continue à boire la lumière à gorge déployée. Cela lui donne un avantage certain, comme figer une action en salle de sport où la lumière fait souvent défaut… C'est un « trou noir » qui absorbe toute lumière présente, permettant d'exposer à main levée là où d'autres ne seraient plus d'aucune utilité. J'ai lu et entendu dire qu'il était « idéal » pour la photo astronomique. Je demeure partagé à ce sujet. Oui car à pleine ouverture, il permet des expositions « courtes », nettement inférieures aux 30s que l'on se fixe généralement sur un grand angle (en effet, au delà, le mouvement relatif des étoiles — mouvement de la Terre — se voit sur la photo). Pour autant, sa longueur focale (encore une fois, 85 mm sur Full Frame et 135 mm sur APS-C) peut être un frein : d'une part, l'angle de champ capté est largement inférieur à celui d'un grand angle (24° pour ce 85 mm — 15° sur APS-C — contre ≈ 74° sur un 24 mm). D'autre part, bien que le temps de pose soit effectivement réduit par l'ouverture massive de 1.2, le problème de mouvement de Terre se pose justement du fait de la longueur focale plus importante, notamment si on expose à droite. Pour de la photo de paysage de nuit et/ou astronomique, rien ne vaut un grand angle lumineux. « Mieux vaut fermer à ƒ/2 ou ƒ/2.8, il pique plus »… Là dessus, je ne vais pas m'étendre : quand on voit le piqué du 85L à ƒ/1.2 (tout simplement impressionnant), c'est un peu se masturber l'intellect sur un détail d'une image immense, qui affichée sur écran à 100% est de l'orde du pixel, que de vouloir fermer pour l'unique raison d'avoir « plus de piqué ». Par contre, comme le soulignait très justement une connaissance qui n'en manque pas — de connaissances ;) —, « […] sur ces objectifs de course, dès ƒ/2 on a le piqué que certains autres n'ont qu'à ƒ/4… » Il ne s'agit pas de parler « de différence de piqué entre ƒ/1.2 et ƒ/2 sur le même objectif. », ce qui est en effet deux choses différentes.
L'Auto-Focus ?
Une des critiques les plus « en vogue » concerne l'AF. On le dit lent. Ok… « on ». Il est évident qu'animer un caillou de 1 kg n'est pas la même chose que de le faire pour 425g (Canon EF 85mm ƒ/1.8 USM). Par ailleurs, une profondeur de champ aussi fine à ƒ/1.2 nécessite une grande précision de la bague de mise au point manuelle, sa course est donc particulièrement longue. Notez que la mise au point manuelle est électronique, l'objectif détecte donc électroniquement de combien la bague de mise au point est tournée pour effectuer la mise au point manuelle. Ainsi, elle ne peut fonctionner si l'appareil est éteint. Alors personnellement, je ne m'amuse pas à essayer de faire une mise au point avec l'appareil sur Off, mais visiblement c'est le cas de beaucoup ; lesquels ne manquent pas de fiel pour s'émouvoir de la chose. Par contre, et à mon niveau il s'agit purement de confort, il faut savoir qu'à la différence des autres objectifs de série L, celui-ci voit sa longueur augmenter d'à peu près 1,3 cm lors d'une mise au point à distance minimale ; ce qui fait que si votre sac à dos est cloisonné au cm près et que vous éteignez l'appareil pour le ranger, vous allez être bloqué, obligé de le rallumer pour réduire le tout (par acquis de conscience, je suis aussi toujours plus serein quand les éléments mobiles d'un matériel sont à l'abri).
Pour tous ?
Clairement, non. C'est un objectif terriblement complexe à maîtriser pour deux raisons principales : la première étant que l'on ne « voit » pas ce que l'objectif lui, voit vraiment. À travers le verre de visée, notre œil profite d'un rendu proche de ƒ/4. Le rendu de cette ouverture est à des années lumière de celui à ƒ/1.2 ; il existe des verres de visée optimisés, il faudrait que je teste pour savoir à quel point ça change la donne. La seconde difficulté est de réussir ses photos ! Il suffit que le photographe ou le sujet aient à peine bougé entre le focus et le déclenchement à ƒ/1.2, pour que le sujet soit flou pile à l'endroit où vous ne le souhaitiez pas. Imaginer où se placera le plan de mise au point sur la photo demande la plus grande attention.
Pourquoi ces photos ?

Lorsque j'envisage l'achat d'un nouveau matériel, je passe toujours beaucoup de temps à rechercher des photos du produit car le site constructeur n'est parfois pas assez explicite, ou tout simplement pour le compléter. Cela permet de se faire une idée généralement plus précise, répondre à des questions que l'on pouvait se poser jusqu'alors, rêver un peu d'ici l'achat (ou non), etc. Personnellement, je suis toujours très heureux de trouver des images lors de mes recherches et de fait, je tiens à ce que mes photos puissent renseigner et satisfaire d'autres personnes. Je constate en effet sur mes statistiques, qu'une quantité importante de visites ont pour critère la recherche de photos sur un matériel particulier. Une autre raison est que de telles séances me permettent de pratiquer la photo studio / packaging.

Avertissement

Les photographies présentées ici n’ont aucune vocation publicitaire. Leur unique objectif est de montrer un ou plusieurs produits à travers une vision personnelle, qui ne saurait être liée ou amalgamée avec les choix marketing et esthétiques des marques. À cet égard, les logotypes des constructeurs (marques déposées) et la mise en page ne servent qu’à illustrer les visuels et n’entendent pas imiter des publicités officielles ou en persuader le lecteur. Ces images ne peuvent en aucune manière remplacer les informations, descriptions et photographies fournies par les constructeurs. Toutefois, elles peuvent les compléter. Les matériels ne sont pas neufs, il est donc possible qu’ils aient des marques d’usure.

Points forts
  • ƒ/1.2 ;
  • Rendu et profondeur de champ à pleine ouverture incomparables ;
  • Piqué qui en impose, de manière générale ;
  • Qualité de construction irréprochable.
Difficultés
  • Extrêmement technique ;
  • Exit (ou presque) les prises de vues en faisant le focus d'abord et en recomposant ensuite ;
  • Lentille arrière affleurante : être concentré pour le monter ;
  • Le poids pourrait gêner certains ;
  • Aberrations chromatiques ;
  • Son prix élevé (je ne dis pas qu'il soit injustifié).

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Caractéristiques techniques (données Canon)
Construction et optique de série L
Large ouverture de f/1,2
Mise au point autofocus rapide et silencieuse
Traitement Super Spectra
Ouverture quasi circulaire pour un excellent flou d’arrière-plan
Transmission des informations de distance appareil-sujet au boîtier pour le système flash E-TTL II
Étui souple et parasoleil fournis
Image size -
Focale en équivalent (35mm) -
Angle de champ (horizontal, vertical, diagonal) 16°,
24°,
28° 30'
Construction optique (lentilles/groupes) 8/7
Nombre de lamelles du diaphragme 8
Ouverture minimale 16
Distance de mise au point minimale (m) 0.95
Grandissement maximal (x) 0.11
Information de distance Oui
Stabilisateur d'image Non
Moteur AF Moteur USM annulaire ¹
Diamètre filtre (mm) 72
Diamètre maxi x longueur (mm) 91.5 x 84.0
Poids (g) 1025
Grandissement avec tube-allonge EF12 II 0.25-0.15
Grandissement avec tube-allonge EF25 II 0.42-0.33
Pare-soleil ES-79 II
Étui souple LP1219
Porte-gélat. III (para III*) (4)
Porte-gélat. IV (para IV*) (4)
Extenders EF1.4x II and EF2x II Non compatibles
Quelques clichés réalisés à ƒ1.2

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